Quand vouloir faire plaisir aux autres nous fait peu à peu oublier qui nous sommes
Être une personne attentionnée, généreuse et sensible aux besoins des autres est une belle qualité. Avoir envie que les gens autour de soi se sentent bien, vouloir aider, être disponible et chercher à préserver l’harmonie dans ses relations peut faire partie de notre façon naturelle d’aimer et d’entrer en relation.
Mais parfois, sans même s’en rendre compte, le besoin de faire plaisir peut prendre beaucoup de place. On commence à penser davantage à ce que les autres veulent, ressentent ou attendent de nous qu’à ce que nous vivons nous-mêmes.
Et tranquillement, quelque chose peut se perdre en chemin : notre propre voix.
« Est-ce que tout le monde va bien? »
Certaines personnes ont développé l’habitude de porter une grande attention à l’état émotionnel des autres.
Elles peuvent facilement se demander :
Est-ce que je l’ai blessé?
Est-ce qu’elle est fâchée contre moi?
Est-ce que je devrais faire quelque chose pour arranger la situation?
Est-ce que je vais décevoir quelqu’un si je dis non?
Le bien-être des autres devient alors une préoccupation constante.
Avant de se demander : « Qu’est-ce que j’ai envie de faire? », on pense à ce qui ferait plaisir à l’autre.
Avant de dire : « Ça ne me convient pas », on réfléchit à la réaction que cette réponse pourrait provoquer.
Avant même de reconnaître sa propre fatigue, on peut continuer à donner, à aider et à être disponible.
Ce fonctionnement peut parfois être associé à ce qu’on appelle couramment le « people pleasing », une expression utilisée pour parler d’une tendance à chercher fortement à plaire aux autres ou à répondre à leurs attentes.
Mais derrière cette tendance, il y a souvent une réalité beaucoup plus humaine et nuancée.
Quand les besoins des autres passent avant les nôtres
À force de s’adapter, il peut devenir difficile de savoir ce que l’on ressent réellement.
On peut avoir l’impression de ne plus savoir ce qu’on aime.
Qu’est-ce qui me fait du bien?
Qu’est-ce que j’aime vraiment?
Qu’est-ce que je n’aime pas?
De quoi ai-je besoin aujourd’hui?
Qu’est-ce que je veux pour moi?
Ces questions, qui peuvent sembler simples, deviennent parfois étonnamment difficiles à répondre.
Ce n’est pas nécessairement parce qu’on ne se connaît pas. C’est parfois parce qu’on a tellement pris l’habitude de regarder vers l’extérieur qu’on a moins souvent tourné notre attention vers l’intérieur.
On connaît les goûts de notre partenaire.
On connaît les besoins de nos enfants.
On sait ce qui fera plaisir à nos parents, à nos amis ou à nos collègues.
Mais lorsqu’on nous demande : « Et toi, qu’est-ce que tu veux? », la réponse peut être beaucoup moins claire.
Se perdre tranquillement… sans vraiment s’en rendre compte
Le fait de s’oublier ne se produit pas toujours de façon soudaine.
Cela peut se faire tranquillement, au fil des années et des petites décisions du quotidien.
Dire oui alors qu’on aurait préféré dire non.
Accepter quelque chose parce qu’on ne veut pas décevoir.
Changer son opinion pour éviter un conflit.
Mettre ses besoins de côté parce que quelqu’un d’autre semble en avoir davantage besoin.
S’adapter encore et encore.
Et souvent, chaque geste pris individuellement semble bien petit.
Mais lorsqu’on additionne toutes ces fois où l’on s’est mis de côté, il peut arriver un moment où l’on se demande :
« Mais moi… qu’est-ce que je veux réellement? »
Cette question peut être déstabilisante.
Parce qu’elle invite à revenir vers soi, alors qu’on a peut-être passé beaucoup de temps à être attentif aux autres.
Faire plaisir ne devrait pas nécessairement signifier s’oublier
Il est possible d’aimer faire plaisir aux autres et de prendre soin de soi en même temps.
Être généreux ne signifie pas devoir être disponible en tout temps.
Être à l’écoute ne signifie pas devoir porter les émotions de tout le monde.
Aimer quelqu’un ne signifie pas toujours être d’accord avec lui.
Et dire non ne signifie pas nécessairement que l’on est égoïste ou que l’on n’aime pas l’autre.
Il peut exister un espace entre prendre soin des autres et s’abandonner soi-même.
Cet équilibre peut demander du temps, de l’écoute et surtout une meilleure connaissance de soi.
Recommencer doucement à s’écouter
Se retrouver ne signifie pas nécessairement tout changer.
Cela peut commencer par de petites prises de conscience.
Remarquer ce qui nous fait du bien.
Observer ce qui nous fatigue.
Reconnaître les situations dans lesquelles on se sent en accord avec soi… et celles où l’on a tendance à s’effacer.
Apprendre à entendre ses préférences, ses besoins, ses émotions et ses limites.
Parfois, il peut même être simplement intéressant de se poser une question que l’on a peut-être trop peu l’habitude de se poser :
« Si je ne cherchais pas à faire plaisir à quelqu’un d’autre, qu’est-ce que moi, j’aurais envie de choisir? »
Il n’est pas nécessaire d’avoir immédiatement la réponse.
Se reconnecter à soi peut être un processus doux, fait de petits moments où l’on recommence tranquillement à entendre sa propre voix.
Et si vous commenciez à vous faire une petite place?
Prendre soin de soi n’enlève rien à l’amour que l’on porte aux autres.
Au contraire, mieux comprendre ce qui se passe en soi peut permettre d’habiter ses relations avec davantage de conscience et d’authenticité.
Vous avez peut-être passé beaucoup de temps à vous demander si les autres vont bien.
Et peut-être qu’il est maintenant possible, doucement, de vous demander aussi :
« Et moi, comment est-ce que je vais? »
Il n’y a pas de réponse parfaite à trouver ni de changement à faire du jour au lendemain. Il s’agit simplement de se donner la permission de se rencontrer un peu plus soi-même.
Si vous avez l’impression de vous être éloigné·e de vos besoins, de vos envies ou de votre propre identité à force de prendre soin des autres, vous n’avez pas à traverser cette réflexion seul·e. Un espace d’accompagnement neutre et sécurisant peut permettre de déposer ce que vous vivez, de mieux vous comprendre et d’avancer à votre rythme. 🌿
Je vous accueille en relation d’aide individuelle, en présence ou en ligne, avec douceur et respect de votre cheminement.



